Create Your First Project
Start adding your projects to your portfolio. Click on "Manage Projects" to get started
L’échine du monde
Modelage et tournage, émail bronze mat,
Cuisson à 1280 degrés.
Prix : 600 euros
Posé sur un genou, le corps massif et stylisé d’un homme semble ployer sous le poids d’une jarre monumentale, scellée à son dos comme une charge ancienne. Le bronze mat qui recouvre la sculpture accentue la gravité silencieuse de la posture, la densité du geste et donne à la pièce une dimension intemporelle, presque archaïque. L’échine du monde évoque l’effort constant de porter, de supporter, de soutenir ce qui dépasse l’individu. La jarre, symbole de mémoire, de labeur, mais aussi de transmission, devient ici le fardeau collectif : elle contient peut-être les fragments du monde, ses erreurs, ses promesses, ses excès. L’homme n’est pas victorieux. Il n’est pas non plus brisé. Il tient, malgré tout. Sa posture n’est pas une chute, mais une résistance têtue, un équilibre à la limite du déséquilibre. Dans cette figure stylisée, ce n’est pas seulement un homme que l’on voit, mais l’humanité entière qui réfléchit sans rompre, pliée sous le poids de ses responsabilité, de son passé, de ses choix. L’échine devient le point de tension entre le monde que l’on hérite et celui que l’on façonne, entre la souffrance et la dignité. Le bronze mat, par sa texture sobre et minérale, efface les détails superflus pour concentrer le regard sur l’essentiel : le rapport entre la charge et le porteur, entre l’homme et ce qu’il porte de nous. Elle rend hommage à cette part d’humain qui, même à genoux, continue à avancer.

